| Anna PIAGGI s'habille comme un compositeur écrit une cantate. Ses notes sont ses vêtements. Elle compose ses tenues et associe couleurs et formes selon des critères mystérieux pour autrui mais parfaitement évidents pour elle. Les journaux dont elle s'est occupée étaient et sont toujours d'avant garde. "Vanity" malgré la brièveté de sa parution, en est l'exemple le plus probant. Je l'ai croisée aux Tuileries, insensible aux ricanements et aux regards effarés de ceux qui n'appartiennent pas à la planète "fashion". J'ai eu une courte conversation avec elle dans la boutique Jean Paul Gaultierde la galerie Vivienne. quand nous nous séparâmes, le vendeur me demanda qui elle était. "Mais...Annnnâaaa....La vraie, pas l'autre.." | | Isabella BLOW n'a pas laissé le cancer décider de l'heure de son grand départ. C'est elle qui en a décidé. Elle avait l'art de découvrir les talents et surtout de les accompagner dans leur épanouissement. Parmi ses protégés, ses pépites les plus emblématiques furent Alexander Mac Queen et Philipp Treacy. Cet autre "chapelier fou" lui créa d'improbables et extravagants chapeaux qui étaient pain bénit pour les photographes couvrant les défilés et source de désagréments pour ceux qui étaient assis derrière elle. Avec son mari, elle élargit son champ d'activités en ouvrant une galerie d'art contemporain. Son passage fut bref, mais cette brièveté fut à la mesure de sa flamboyance et eût donc l'intensité d'une cométe. |